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Éditorial : Retard en dépendance, le gouvernement doit agir

2013-11-04

Avant de souffrir d’un retard trop énorme en matière de dépendance, le gouvernement devra agir.

Encore aujourd’hui, un nombre important d’usagers cognent directement à nos portes bien que nous soyons des établissements spécialisés de 2e ligne. Comme pour les autres problématiques, la hiérarchisation des services en dépendance peut s’appliquer. Heureusement, les centres de santé et de services sociaux (CSSS) s’impliquent de plus en plus en dépendance. Ces derniers constituent également une porte d’entrée importante, que ce soit par les services d’urgence de leur centre hospitalier ou les services courants de leur CLSC.

Un travail collaboration et de partenariat s’est amorcé ces dernières années entre les CSSS et les centres de réadaptation en dépendance (CRD) pour faciliter la référence, mais pour mieux appuyer les référents que sont les CSSS et les Groupes de médecine familiale (GMF), il faudra également songer au développement des services en CRD. Par ailleurs, nous accueillons favorablement l’orientation du gouvernement de joindre d’autres professionnels aux cliniques médicales et aux GMF, ce qui aidera nécessairement à mieux rejoindre la clientèle ayant une dépendance et à l’orienter vers les ressources appropriées.

En ce qui a trait à la clientèle présentant des problèmes de concomitance (dépendance et santé mentale), le Québec fait office de parent pauvre, particulièrement en Montérégie, une région sous-financée. Tel que recommandé par plusieurs auteurs, les problématiques de concomitance devraient faire l’objet d’un plan précis d’amélioration de la part du gouvernement. Autrement, notre province souffrira d’un important retard dans la mise en place de services pour cette clientèle. Plusieurs provinces élaborent déjà des plans de travail alors qu’au Québec, rien n’avance en ce sens.

Le gouvernement devra également prendre en compte dans sa réflexion les services pour les personnes ayant un problème avec les opiacés, qui ne sont plus accessibles faute de places disponibles, de même que les services externes et d’hébergement (adulte et jeunesse) qui sont insuffisants. Malheureusement, c’est une clientèle qui souffre de mauvaise perception et pour laquelle on a généralement moins le goût de développer des services.

Au-delà de cette perception erronée que les gens ne veulent pas s’en sortir, qu’ils sont profiteurs et paresseux, on retrouve les personnes ayant une dépendance dans les urgences des centres hospitaliers et dans plusieurs autres services du système québécois de santé et de services sociaux. Il n’est pas trop tard pour y mettre les énergies voulues et accroître les services de réadaptation pour ces personnes.

Guy Dufresne, directeur général, CRD Le Virage